Communiqué de presse

Une bactérie jamais utilisée pourrait révolutionner la lutte contre le mildiou



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©️ R.A

AQUABIO : une future spin-off de Gembloux Agro-Bio Tech développe un biofongicide basé sur une bactérie jusqu’ici inexploitée.

Produire des fruits et légumes avec moins de pesticides chimiques de synthèse tout en protégeant efficacement les cultures : c’est évidemment l’un des grands défis de l’agriculture actuelle. À Gembloux Agro-Bio Tech (Université de Liège), des chercheurs ont développé une solution prometteuse basée sur une bactérie naturelle capable de protéger les plantes contre certaines maladies très destructrices, comme le mildiou de la tomate, de la pomme de terre ou de la vigne. Si les résultats se confirment à grande échelle, cette innovation pourrait aider les agriculteurs à réduire l’usage de produits chimiques tout en sécurisant leurs récoltes.

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Le projet AQUABIO est développé au sein du Laboratoire de Phytopathologie intégrée et urbaine par Gilles Stouvenakers, PhD en sciences agronomiques, sous la direction du Prof. Haïssam Jijakli. Les résultats obtenus ouvrent aujourd’hui la voie à la création d’une spin-off universitaire destinée à amener cette innovation vers le marché agricole.
 

Une bactérie naturelle qui protège les plantes

L’idée au cœur du projet est simple et ambitieuse à la fois : utiliser une bactérie bénéfique pour aider les plantes à se défendre contre certaines maladies.
« Nous avons isolé cette bactérie dans un système aquaponique, où poissons et plantes sont produits dans un même circuit d’eau. Ce type d’environnement est particulièrement riche en micro-organismes utiles pour les plantes. Nous avons découvert que cette bactérie possède plusieurs mécanismes d'action qui lui permettent d’aider les cultures à se protéger naturellement contre certains agents phytopathogènes responsables de maladies », explique Gilles Stouvenakers.
 

Concrètement, cette bactérie agit de plusieurs manières :

  • elle s'attaque spécifiquement à certains agents phytopathogènes,
  • elle colonise la plante et empêche le développement des maladies,
  • elle stimule les défenses naturelles de la plante, comme le ferait un vaccin
« Cette combinaison d’actions est particulièrement intéressante. Elle permet de créer une sorte de bouclier biologique autour des plantes, qui les aide à mieux résister aux attaques des agents pathogènes », poursuit Gilles Stouvenakers.
 

Des résultats encourageants 

Les tests en laboratoire mais également en serres ont montré des résultats très prometteurs, notamment contre le mildiou de la tomate, l’une des maladies les plus redoutées en maraîchage.
Selon les essais réalisés :
  • la protection globale atteint  80 %,
  • la protection est similaire à celle des produits cuivrés utilisés en agriculture biologique
Autre avantage important : la bactérie reste active dans le sol pendant plus d’un mois, ce qui permet une protection indirecte durable des cultures.
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Une solution accessible aux agriculteurs

L’équipe de recherche a également développé une formulation plus simple et moins coûteuse, ce qui pourrait permettre de diffuser ce type de solution à grande échelle et de la rendre accessible aux agriculteurs.
L’objectif est clair : proposer une alternative crédible aux fongicides chimiques, tout en maintenant l’efficacité nécessaire pour protéger les récoltes.
 

Vers une agriculture plus durable

Des essais pilotes en conditions réelles dans les champs sont actuellement en cours afin de confirmer l’efficacité de la solution et de préparer les démarches réglementaires nécessaires.
Dans un contexte où la société demande moins de pesticides dans l’environnement et dans l’alimentation, des solutions comme AQUABIO contribuent à rendre l’agriculture plus durable tout en soutenant les agriculteurs dans leur travail.
 

Un projet soutenu initialement par un Win4SpinOff

Le projet AQUABIO a pu démarrer grâce au programme Win4SpinOff, un dispositif wallon qui soutient les chercheurs souhaitant transformer leurs découvertes scientifiques en entreprises innovantes.
Ce programme finance des projets pendant deux à trois ans afin de développer et tester de nouvelles technologies pouvant déboucher sur la création d’une spin-off en Wallonie.
Aujourd’hui, le projet AQUABIO est arrivé au terme de cette phase de recherche. Les résultats obtenus permettent désormais d’entrer dans une nouvelle étape : la création de la spin-off et la poursuite du développement du produit.
L’équipe travaille maintenant à faire passer cette innovation du laboratoire vers le terrain, en réunissant les moyens nécessaires pour poursuivre son développement et la rendre accessible aux agriculteurs.
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