Étude technico-économique de la production d’Artemisia annua en conditions de vertical farming


Dans un contexte où les fermes verticales peinent à atteindre la rentabilité avec des légumes-feuilles à faible valeur ajoutée, la culture de plantes médicinales apparaît comme une voie prometteuse pour améliorer la viabilité économique du vertical farming. C’est dans cette logique que le Centre de Recherche en Agriculture Urbaine (C-RAU) a mené une étude visant à évaluer la faisabilité technico-économique de la production d’Artemisia annua, une plante médicinale réputée pour ses applications pharmaceutiques, notamment la production d’artémisinine.

Cette étude s’inscrit dans la continuité de travaux plus larges menés sur la culture indoor de plantes médicinales, tels qu’exposés dans le projet OPTIBIOMASSE et dans la recherche expérimentale sur la biomasse et les coûts de production en conteneur hydroponique vertical.

Artemisia annua : une plante médicinale à haute valeur ajoutée

L’Artemisia annua (armoise annuelle) est une plante reconnue pour la production de molécules d'intérêt pharmaceutique, notamment l’artémisinine, utilisée dans les traitements antipaludiques et étudiée pour d’autres applications thérapeutiques. Cette plante fait partie des espèces testées dans les travaux sur la culture de plantes médicinales en conditions de vertical farming, aux côtés d’Echinacea purpurea ou Pelargonium sidoïdes.

Dans l’étude spécifique dédiée à Artemisia annua en conteneur hydroponique vertical, les chercheurs ont analysé les effets de la lumière et du CO₂, deux paramètres abiotiques majeurs, sur la productivité en biomasse et les coûts de production.

Méthodologie :

Deux intensités lumineuses ont été testées.

Deux niveaux de CO₂ ont été appliqués.

Les essais ont été réalisés sur des plateaux de 12 plants, avec répétitions, pour un total de 96 plants évalués.

Les coûts analysés intègrent :

    • le CAPEX (investissement),
    • la main-d’œuvre,
    • l’énergie,
    • les consommables,
    • les coûts d’entretien et de maintenance.

Résultats : productivité en biomasse et coûts de production

Les résultats montrent clairement que :

L’intensité lumineuse est le facteur ayant le plus fort impact sur la biomasse produite,

Les niveaux de CO₂ influencent également la croissance mais de manière moins marquée que la lumière.

Le coût de production par kilogramme est directement corrélé au volume de biomasse produite (Fig. 3 du poster Artemisia). Une faible biomasse entraîne mécaniquement un coût unitaire très élevé.

L’étude montre que la production d’Artemisia en vertical farming devient économiquement envisageable lorsque :

  1. La biomasse est maximisée par un ajustement optimal des facteurs abiotiques,
  2. La conception de la ferme verticale permet d’augmenter la densité de culture et la surface productive par conteneur,
  3. Les cycles culturaux sont raccourcis grâce au pilotage environnemental.

Ces conclusions rejoignent celles issues de l’étude sur Euphorbia peplus, où la productivité, le design des installations et l’optimisation énergétique conditionnent la rentabilité globale

Contact

FRANÇOISE BAFORT

modifié le 24/11/2025

Partagez cette page

cookieImage